UitvaartVoordracht

 

Vivre et Aimer

 

Mon manteau m’a dit :

Je m’arrête là

Ça suffit, j’en ai marre, voilà !

J’ai plein de craquelures et de fissures

et ce qui est pour moi de plus en plus sûr,

c’est que mes couleurs deviennent floues,

bref, je te mets des bâtons dans les roues.

À vrai dire, je suis une épave complète,

mon cher copain,

il est temps que je m’arrête !

 

 

J’ai répondu :

Alors, je dis adieu à toi et à l’existence ici-bas,

merci de m’avoir amené en voyage avec toi.

Qu’est-ce qu’on a ri, qu’est-ce qu’on a chanté,

embrassé, dansé et sauté,

pleuré, aimé et querellé

et qu’est-ce que finalement la vie nous a touchés.

Qu’est-ce qu’on a aimé les arbres, les fleurs et les fleuves,

et les enfants demandant :

« Comment tu trouves mes chaussures neuves ? »

 

 

Qu’est-ce qu’on a aimé l’odeur du bon café

et ne rien foutre durant toute la journée,

le bruit mourant d’une voiture dans la nuit,

un chien si content que l’on croit presque qu’il rit.

Qu’est-ce qu’on a aimé les ados qui ont réponse à tout

parce qu’il sont toujours authentiques de bout en bout…

On a aimé les idées nouvelles et on a osé rêver

de ce qui n’est pas encore mais pourrait, un jour, arriver !

 

 

En vivant et en aimant la vie

j’ai réussi à tisser mon tapis,

me rendant compte qu’en bref :

plus je vis et j’aime, plus je crée du relief.

En effet, tout ce qui arrive, mon ami,

donne plus de profondeur au tapis de vie,

de sorte qu’il reflète de façon très intense

toutes les chutes, toutes les bosses et toutes les errances.

 

 

Or, je ne suis pas le manteau que j’ai sur terre montré

et je ne suis pas le corps que là-bas j’ai laissé.

Ce manteau était le moyen de transport de mon esprit,

une maison que j’ai habitée jusqu’à ce qu’elle dise : ça suffit.

Je continue mon voyage et beaucoup de choses, j’oublie,

uniquement ce que j’ai profondément compris,

pendant mon voyage, je vais l’apporter

pour être ma Connaissance avec un grand C.

 

***

 

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